viernes, 28 de diciembre de 2012

LES ANIMAUX DOMESTIQUES


Depuis la naissance de mes enfants, j'ai eu neuf animaux (quand j'étais célibataire, j'en ai eus 13, sans compter mes petits copains). Nous avons grandi en compagnie d'oiseaux, de hamsters, de chats, de lapins, de poissons et de chiens.

Il y a eu des histoires en tout genre, bien que prédominent les comédies. Une petite chienne aimait mâchouiller les chaussettes de mon mari. Ne me demandez pas pourquoi seules celles-ci lui plaisaient et aucune autre (s'il vous plait, pas de commentaire, car aujourd'hui la victime ne le sait toujours pas.) Un jour, nous découvrîmes le chat qui urinait dans les toilettes, en gardant un équilibre impossible avec les pattes ouvertes au maximum et sans même glisser sur le bord arrondi de la cuvette. Et une autre fois, nous nous aperçûmes que nos deux adorables petits lapins s'étaient offerts un banquet avec les câbles du modem, nous laissant sans Internet pendant une semaine.

À une autre occasion, lors d'un barbecue, une de nos chiennes, obéissante et mieux éduquée que la plupart de mes amis, nous tint compagnie toute l'après-midi. Je souligne: nous la perdîmes jamais de vue. Elle se promenait parmi les gens en appréciant les caresses ou s'allongeait tranquillement pour dormir au pied de quelqu'un. Tout le monde était admiratif de sa bonne conduite. Jamais, je répète, jamais elle n'alla embêter une personne pour lui demander un morceau de viande et ni même tenta de voler des saucisses. Le problème de ce barbecue -et on nous le reproche encore aujourd'hui- ce fut le peu de viande. Je jurais avoir acheté le triple de ce qui avait été mis sur les braises, mais bon, entre la folie d'aller au supermarché, de surveiller les enfants, le sac à main, j'aurais bien pu avoir oublié un sac (cela n'aurait pas été la première fois). Au final, tout le monde partit, nous éteignîmes les lumières et nous allâmes nous coucher. Peu de minutes plus tard, mon mari se leva chercher quelque chose et découvrit notre Labrador au regard tendre, déterrant 5 kilos et demi du meilleur Merlan de boeuf. J'avoue ne pas avoir eu la force de la gronder parce que je sentis de la honte à côté de sa prouesse: aucun membre de ma famille n'a la capacité à faire attendre le plaisir qu'a démontrée ma chienne. Mon mari se jette sur une glace, bien qu'il ait le ventre plein, je peux manger des nachos avec de la sauce piquante jusqu'à ce que ma bouche prenne feu et mes enfants font disparaître en un clin d'oeil une assiette de frites avec du ketchup.

Dans notre aventure avec les animaux domestiques, nous avons eu aussi de douloureux adieux, de longs deuils et de frénétiques recherches à une heure du matin d'une petite chienne folle comme une chèvre qui aimait se promener dans le quartier. J'ai eu le droit aux plus grosses peurs de ma vie avec les multiples cadeaux que nous apportait notre chat reconnaissant (courage! Lézards étripés, pigeons sans tête, rats agonisants...) Avec mes enfants nous nous sommes émerveillés devant les escargots-pommes de notre aquarium, en observant leur ingéniosité pour aller chercher de l'oxygène à la surface, pomper de l'air pour avoir de la réserve, puis se laisser tomber, en rebondissant doucement entre les petites feuilles de la végétation et enfin arriver au sol. Nous les avons aussi vus s'aimer luxurieusement et avoir environ: 1600 rejetons!

Les problèmes qui découlent du fait d'avoir des petits animaux, j'en compte par centaines (avez-vous déjà tenté de mettre des gouttes dans les yeux d'une tortue ayant une conjonctivite??!). Maintes sont les fois aussi où j'ai nettoyé du vomi. Les angoisses à cause de leurs maladies et blessures sont encore plus nombreuses. Mes enfants ont toujours été très impliqués dans l'éducation et le soin de chaque animal qui arrivait à la maison. Ils ont surmonté des émotions intenses et variées et plus d'une fois j'ai dû servir de médiateur et les aider à élaborer les situations parfois complexes - mais toujours merveilleuses- qui dérivent du vivre en harmonie avec les bêtes. J'éclaircis tout de suite      -pour éviter quelconque appréciation idyllique- si mes enfants m'aident pour le soin des créatures en fonction de leur âge et de leurs capacités, c'est bien à moi que revient la partie lourde du travail. Mais curieusement, je ne le regrette même pas une seconde. Serait-ce parce que ce que nous avons vécu avec mes enfants est un "monde" impossible à transmettre avec des mots. Un immense voyage plein d'aventures, de rires et  d'émerveillements, de tendresse et de leçons de vie. C'est vrai que sur mon canapé on trouve plus d'un poil (et encore plus si c'est l'époque des mues). Le côté du canapé c'est l'endroit préféré de mon chat pour faire ses griffes, vous pouvez donc imaginer le bel état dans lequel il se trouve. Le plancher en bois n'est plus immaculé et je me suis résignée à ne jamais avoir un tapis blanc comme on peut en voir dans les revues de décoration. Mais je jure sur la tête de ma chère grand-mère -qui à ce stade a déjà dû se réincarner en Bougainvilliers ou colibri- que tout cela m'est égal. 

domingo, 2 de diciembre de 2012

Noël : ni l'un ni l'autre sinon tout le contraire


Sacré sujet celui de Noël. Année après année, les mêmes préoccupations renaissent : ne pas tomber dans le consumérisme, plaider pour l'aspect spirituel ou religieux selon la croyance de chacun, offrir  anonymement à des enfants nécessiteux, souligner le geste plutôt que le prix, se restreindre uniquement aux cadeaux faits main, déclarer la guerre à une fête devenue un business, succomber aux promotions,  craquer face à la « lettre au Père Noël » de notre enfant et parcourir à coups de coude les grands magasins pour acheter le jouet demandé, inventer des explications alambiquées pour rassurer l'acuité de nos créatures et pour répondre aux questions avec lesquelles ils  nous traquent, se réjouir de bonheur quand ils ouvrent leurs cadeaux, batailler contre les remords quand la semaine suivante nous les voyons jetés n'importe où. Ouf.

Je ne sais pas comment vous avez résolu ces dilemmes. Mais en ce qui concerne particulièrement le  sujet de l'achat des cadeaux, je me sers de deux principes qui m'ont facilité la tâche au moment de me décider et qui se résument à me poser deux questions simples (bien que d'y répondre ne soit pas toujours si facile) :


1.   Ce que je pense offrir à mon enfant, il le désire ? Je me souviens de ce que racontait une écrivaine que j'admire. D'une famille riche, pendant quatre Noëls, elle a demandé aux Rois qu'ils lui apportent un singe; une petite peluche qui lui tiendrait compagnie. Et les parents, systématiquement, lui offraient des Barbies : Barbie Malibu, Barbie vétérinaire, le cheval de Barbie, le fiancé de Barbie, et ainsi de suite. Et aujourd'hui elle a encore mal. Je crois que sa tristesse n'est pas forcément due au fait de ne pas avoir reçu la peluche, mais plutôt de sentir qu'ils aient ignoré son souhait en le jugeant ridicule ou absurde. La psychologue Neva Milicic racontait un autre cas, celui d'un patient à elle, un petit qui avait demandé pour Noël une lanterne. Et les parents lui demandaient de façon insistante : « Mais comment ça une lanterne ? », « Tu ne veux pas x, ou encore mieux y, ou z? »(et après on se plaint du caractère irritable de certains enfants...).

2.    Ce que me demande mon enfant, il en a besoin ? Question épineuse, parce qu'elle nous met face à l'étroite ligne qu'il y a entre guider nos enfants et imposer nos décisions ; mettre des limites saines versus violenter la particularité de chaque enfant ; stimuler des habitudes nouvelles versus accepter passivement les inclinaisons naturelles.


Réussir à joindre les deux questions me procure satisfaction et tranquillité  (quelque chose comme faire une pierre deux coups). Je vous explique avec un exemple. Une amie à moi a un petit très introverti et timide qui lui a demandé un jeu électronique : une sorte de petite boîte un peu plus grande qu'une calculatrice qui vient avec des milliers de jeux. Un cousin l'avait et cela avait été la "solution" aux longs voyages en voiture parce que quand l'enfant s'y mettait on ne l'entendait plus pendant des heures. Offrir cela à son fils l'inquiétait car elle craignait qu'il s'isole davantage. Puis elle trouva la solution : elle lui offrit une console qui permet de jouer à plusieurs simultanément. Comme dans le quartier c'était le seul à l'avoir, au bout d'une semaine il s'était fait  trois nouveaux copains avec lesquels il partageait son jeu électronique.

Nous verrons bien comment se présentera ce Noël . Je demande seulement au Père Noël qu'il m'offre l'illumination de mon amie pour réussir la quadrature du cercle.

sábado, 1 de diciembre de 2012

Sais-tu ou te remplis-tu de connaissances ?


Je vois beaucoup de mères bien informées, mais qui savent peu: des mères qui se remplissent de connaissances comme on remplirait un porte-feuille. Et qui, comme ces derniers, les changent en fonction de la mode. Dès lors,ce n'est pas étonnant qu'elles vivent dans l'angoisse d'être à jour et qu'elles deviennent maladroites à l'heure de regarder leurs enfants.

J'ai entendu des discussions dans la salle d'attente du pédiatre,qui sont de vrais concours de style "Qui veut gagner des millions"; des explications détaillées sur la façon de coucher «scientifiquement» un bébé (plop!), une défense talibanesque sur les avantages d'un jus en bouteille enrichi en vitamines versus un jus d'orange pressée (double plop!) et des enfants alimentés à coups de petits pots, dont la mère  répète comme un perroquet le slogan pervers de la société qui les fabrique: ils sont meilleurs que la nourriture que vous pouvez préparer car ils ne contiennent pas de germe. Des conversations remplies de « le pédiatre a dit », « j'ai lu dans un magazine », « j'ai trouvé dans Google ». Oh la la. Dans une telle atmosphère y a-t-il une petite place pour moi et  le jus d'abricots en conserve que m'a conseillé ma mère pour soulager la fièvre?

En vertu du principe « vivre et laisser vivre », je n'ai pas l'habitude de m'immiscer dans la vie des autres et encore moins dans les styles d'éducation. Mais si le bien-être d'un enfant est en jeu, tant pis: je m'arrose de paraffine et j'allume la mèche avec un commentaire. « Ta fille a de la fièvre », dis-je à mon amie à qui je rends visite. « Comment le sais-tu? ». Je prends du temps pour répondre car sa réaction me laisse perplexe. Au lieu d'aller vers son adorable petite et voir ce qui ne va pas, elle perd son temps à savoir les bases de mon affirmation; à me demander de me justifier parce qu'elle ne comprend pas comment je peux être aussi sûre sans même avoir utilisé un thermomètre. En une seconde, je me rends compte que mon amie, dont je suis l'aînée de dix ans, me regarde comme si j'étais  une vieille rétrograde (je n'ose même pas penser au mépris avec lequel elle doit regarder sa propre mère. Pauvre grand-mère. Je comprends cette sensation extrême d'inadéquation qu'elle doit ressentir, la même que vivent de  nombreuses grands-mères traitées comme des idiotes par leurs filles et leurs belles-filles, comme si ces femmes n'avaient jamais élevé d'enfant.)

Mon amie touche sa fille et très relaxe dit, « Tout va bien, elle a même les mains froides ». À quoi je réponds: «J'en doute pas. Et si on enlève les chaussures, tu verras que les pieds sont encore plus gelés. »Le plus étrange, c'est qu'elle est réticente à vérifier ce que je dis. On dirait même qu'elle est fâchée. Elle se retourne et me dit qu'elle va chercher le thermomètre numérique. «Ils sont horribles », réussis-je à crier avant qu'elle ne disparaisse (je soupçonne que je viens de tomber dans la catégorie des ex-amies). « T'en as pas un en verre? », dis-je  pour aggraver la chose. « Un de ces anciens? » réplique-t-elle, avec un certain air triomphant pour ce coup d'épée. « Oui, un de ceux-là »dis-je, avec un air résigné pour qu'elle se sente gagnante. (Tout ceci pour le petit ange ...)

Au final, elle n'avait pas de thermomètre en verre et le numérique marquait « seulement » 37,5. « C'est-à-dire 39 » dis-je. Ensuite, en ayant recours aux souvenirs de mes historiques réussites (par « pure »intuition comme elle dit, comme si je jouais aux dés), j'arrive à la convaincre d’emmener sa fille à la clinique où, comme je craignais, la petite reste hospitalisée. Mon amie fond en larmes en se sentant coupable. Elle, qui est si efficiente, qui réussit tout, elle ne peut se pardonner l'erreur qu'elle a commise en faisant courir un risque à sa fille (cela montre à quel point l’orgueil peut nous aveugler.)

« Elle allait bien - explique-t-elle au docteur-, elle a mangé normalement, elle a joué avec son frère et elle riait même. Elle avait un peu de sécrétions nasales, mais comme pour n' importe quel rhume ». Et elle termine avec un « objectivement, il n'y avait rien de préoccupant » (j’ai dû me contenir). Quand le docteur est parti cela a été mon tour: « mais dis-moi,  comment as-tu su? ». Il y avait de la rage dans sa voix, comme si je lui cachais un secret.
-En la regardant, rien de plus.
-Mais moi aussi je l'ai fait et je n’ai rien vu.
-Tout juste. Tu as utilisé la vision, pas le regard. Quand quelque chose ne va pas bien chez les enfants, cela se remarque. Il faut juste que tu prennes le temps. Et avec la pratique, en regardant attentivement ton enfant, il te suffira d’une petite grimace pour te rendre compte que quelque chose opprime son cœur; en regardant seulement ses yeux, tu pourras savoir qu' il a de la fièvre.
Tu sauras aussi distinguer le silence de la rage contenue du silence où la créativité fait son nid. C'est pour cela que quand tu apprends à regarder, tu sais quand intervenir et, surtout, quand ce n'est pas nécessaire. Si cela peut te servir, j'ai appris tout cela de ma mère et de ma grand-mère. Tu pourrais donner une chance aux tiennes...

lunes, 26 de noviembre de 2012

La beauté peut être dans des endroits insoupçonnés

Si je vous dis que ma soeur cache à l'intérieur de sa bouche une rangée de perles, diriez-vous que je mens? Et si j'ajoute que quand elle sourit son visage s'illumine, me trouveriez-vous fallacieuse? Pour les personnes plus rationnelles, je précise que ma soeur n'est pas un extraterrestre qui a sous la peau une ampoule halogène et ce n'est pas non plus un mollusque qui crache des perles. Cependant, tout ce que je viens de dire est vrai, comme révèle toute métaphore, qui aime se couvrir de  mensonges. Mais ce que je veux souligner, que vous me croyez ou non, c'est que pour comprendre ce genre de subtilités les enfants sont plus habiles que de très nombreux adultes (à la rigueur – et malheureusement – ce sont ces derniers qui se comportent  le plus souvent comme des mollusques)

La preuve par l’exemple: j'adore les cirques et chaque fois que je peux j'y vais avec mes enfants ( en cette époque estivale, on peut en trouver plus d'un sur le littoral). Plus d’une fois, j'ai invité des amis avec leurs enfants, mais généralement ils refusent parce qu'ils les trouvent moches, tristes, ringards et/ ou pauvres. Et oui, il se peut que ce soit vrai... mais juste en partie, ou pas totalement.

Ne croyez pas que je sois à ce point  tarée pour ne pas remarquer que la fille acrobate a ses collants reprisés à plusieurs endroits, que la tente a autant de couleurs que de trous, que les bancs  sont des bouts de bois et que si tu ne fais pas attention, tu peux t'égratigner la jambe (du mal de dos causé par une heure assis sur ce genre de siège, il n'y a pas moyen de s'en débarrasser). Je me rends compte -et mes enfants aussi- que le fabuleux homme au masque qui tourne en moto à toute vitesse dans une immense boule métallique est le même qui nous a vendu les entrées, que le magicien est celui qui s'occupe du panier de pop-corns à l'entracte et que la petite au nez crotté qui l'accompagne, c'est le clown qui fait des pitreries amusantes sur scène.

Mais, malgré tout, et en dépit de leur pauvreté et de leur précarité, les cirques me paraissent toujours Beaux. Oui, avec une majuscule. Il y a de la beauté dans le courage d'oser voler suspendu par la cheville en défiant la gravité et la sagesse. Il y a de la beauté dans la persévérance à se lever chaque jour même si le spectacle de la veille n'a permis de récolter que le minimum pour pouvoir manger. Il y a de la beauté dans le fait d'enfiler un costume ridicule et de raconter cinquante fois la même blague juste parce qu'un petit garçon ne la connaissait pas et qui n’a pas arrêté de rire. Il y a de la beauté dans le fait de se sentir rétribué par des fous rires et des applaudissements. Il y a de la beauté dans le fait de ne pas se décourager face à une audience peu abondante et de faire vivre une fête pleine de magie et d'illusion au peu de personnes présentes. Il y a une beauté infinie dans le torse qui s'emplit d'orgueil parce que le spectacle est arrivé à sa fin, précisément parce que cela n’a pas été  facile.

La trapéziste gagnerait probablement plus d'argent en vendant des assurances et l'homme le plus fort du monde obtiendrait le double s'il travaillait dans le bâtiment. Heureusement pour moi, il y a encore des rêveurs comme ces derniers et où ils se trouvent, je vais les applaudir avec mes enfants parce que mes petits,  bien que fins observateurs à qui rien n'échappe même pas le fait que la femme mal fagotée qui portait des savates quand nous sommes arrivés soit maintenant la contorsionniste aux cils extra longs, succombent face à la beauté de ce qu'elle est capable de faire et lui rendent hommage pendant toute  la semaine en essayant de l'imiter, pendant qu'ils sautent sur leurs lits...

miércoles, 24 de octubre de 2012

LES ENFANTS NE SONT PAS Bêtes.


Pas du tout. Par contre ils savent le feindre. Et s'ils regardent ailleurs et font semblant de ne pas savoir, c'est pour nous protéger. Nous protéger! Beaucoup d'entre eux, du haut de leurs  cinq ou douze ans découvrent très tôt qu'ils doivent prendre soin de nous, de la faible image  avec laquelle nous essayons de les tromper.
 
Je connais des enfants qui sont les parents de leurs propres parents, ils les consolent et reçoivent leurs aveux (« Ne le dis pas à papa, ok? »); des enfants dont on abuse de leurs capacités, en leur demandant de prendre en charge nos misères (« Tu me trouves grosse? »); des enfants extorqués et manipulés pour satisfaire les besoins des autres (« Ne laisse pas papa seul! »)
 
J'ai une amie qui fume en cachette pour ne pas que sa fille la  voie. Un jour, nous discutions sur sa terrasse avec beaucoup d'entrain quand soudain on entendit sa fille. Et ne me demandez pas comment, mais en une seconde, je me retrouvai avec une cigarette dans chaque main et un air proportionnellement déconcertant. « Ça va te faire mal de fumer autant » voilà ce que dit la petite les mains sur les hanches. Mais l'éclat de ses yeux et le sourire ironique qu'elle portait aux lèvres quand  elle se retourna nous firent sentir comme une paire d'imbéciles.

Il est vrai que les enfants peuvent être cruels. Mais c'est  nous les coupables;  en essayant de les tromper, c'est nous qui nous exposons à être la cible de leurs commentaires mordants. Ah, et n'ayez pas confiance en leurs silences. Évidemment ils ne nous crient pas à la figure ce qu'ils pensent vraiment (ils ne sont pas bêtes, ils savent qu'ils dépendent de nous) mais ce n'est pas pour autant qu'ils croient notre arnaque. La seule façon pour que nos enfants nous respectent, c'est en les respectant, en n'offensant pas leur intelligence. Du moins, je ne veux pas être comme cette femme qui un jour entra dans la cafétéria de la station de service. Moi, je buvais une boisson gazeuse et à la table d'à coté un groupe d'adolescents mangeait. La femme, d'une quarantaine d'années au corps sculptural, portait des leggings léopard tellement moulants qu'ils ne laissaient rien à l'imagination et des talons de  quinze centimètres. Ses cheveux étaient blonds, ondulés et lui arrivaient à la ceinture. Alors un des jeunes se pencha vers ses copains et  leur  susurra : « Dos de lycée face de musée ». Et ils partirent en fou rire.
 
Bien sûr, ce n'est facile pour personne d'assimiler la sincérité. Mais croyez-moi, c'est « un exercice sain ». Et plus confortable que mentir sous prétexte d'enseigner  " de bonnes manières ". À moi, cela m'est arrivé une fois : ma fille était en train de faire un joli dessin très coloré : un nuage de coeurs entourait  une petite bestiole qui occupait le centre de la page. « Quel joli petit chat ! »", dis-je « Non, maman, c'est toi! ». Une fois passée la surprise, je demandai « Mais ces traits à côté des oreilles et près de la bouche, ce ne sont pas des poils et des moustaches? » «  Non! » - elle riait ma petite,  en ne croyant pas que je puisse être aussi  bête - « Ces traits ce sont tes petites rides ».
 
Autre anecdote mémorable. Après une visite chez une tante ma fille m'a mise au pied du mur : « Maman, qu'est-ce qui est arrivé à la tante qui est devenue si moche? ». Le pire de tout c'est  que c'était vrai. J'aurais voulu qu'il s'agisse d'une situation qui donnait espace à une de ces conversations que nous avions déjà eues au sujet des différents types de beauté, mais ce n'était pas possible d'omettre l'évidence. À la place d'un visage, la tante avait un masque en latex. Les yeux fermes de ma fille attendaient la réponse. Bien sûr, j'aurais pu mentir. Il aurait été facile de sauver les apparences, de dévier le sujet ou de protéger le secret de la coquette septuagénaire avec un pieux mensonge. Mais comme je suis méchante, je fis le contraire :
- Elle s'est faite opérée, mon amour.
- Mais pourquoi ?
- Parce qu'elle ne voulait pas avoir de rides.
- Mais avant elle était belle, maintenant elle me fait peur.
- Oui.
À moi aussi.
-Maman?
- Oui?
-Ne te fais jamais opérer d'accord ?
- Je te le promets, ma chérie.

martes, 28 de agosto de 2012

J'EXPOSE MES ENFANTS AUX INFECTIONS


J'ai hâte de refaire ce que nous avons fait l'été dernier. Un jour, nous sommes allés nous promener avec mes enfants sur une très jolie place dans le centre de Santiago. E n dépit de la chaleur, nous avons parcouru un musée et une bibliothèque et nous nous sommes goinfrés de boissons gazeuses, frites et délicieux nachos pleins de tartrazine et de jaune orangé (colorants alimentaires). Je précise – pour éviter que vous me lynchiez -, que ceci n'est pas l'alimentation habituelle de mes enfants, qui abonde en lentilles,  en épinards et  en  poisson. C'est juste un plaisir exceptionnel.

Ensuite, nous sommes allés  nous reposer sur la pelouse, mais il a commencé à faire encore plus chaud. Comme des petits oiseaux, mes enfants ont trouvé un arrosoir automatique et forcément, ils se sont trempés jusqu'aux os. Puis, ils ont entendu les  cris joyeux d'autres enfants qui nageaient dans une fontaine à proximité avec des chiens de rue, . Il y avait des panneaux « interdit de se baigner » et des pointes métalliques menaçantes pour dissuader les analphabètes : j'ai utilisé les deux pour faire sécher les t-shirts et shorts pendant que mes enfants barbotaient en sous-vêtements. J'atteste qu'ils étaient plus heureux que les « quiltros » (nom donné aux chiens de rue au Chili).

« Mais qu'est-ce qui t'as pris? » m'a dit quelqu'un quand je lui ai raconté l'anecdote « Tu ne sais pas la quantité d'infections qu'il y a là-dedans »  Si, je sais « Et que s'ils restent avec le corps mouillé ils peuvent attraper une pneumonie? » Si, je sais. « Et que ces chiens auraient pu les mordre? » Si, je sais. « Et qu'ils auraient pu attraper une allergie, des poux, ou une diarrhée à cause de l'eau qu'ils ont avalée? » Sip «  Et qu'ils auraient pu s'égratigner, glisser et/ou se casser un bras ou une jambe dans cet endroit inapte à la baignade? » Oui, je le sais aussi.

« Et pourquoi alors – ici, coup de sifflet de censure – l'autorises-tu? » là, je respire profondément,  je prends une bouffée de ma cigarette et réponds : je l'ai fait, parce que j'ai appris à faire du vélo sans frein et sans casque, et bien que je me sois égratignée les genoux et que j'en aie gardé  une cicatrice en souvenir, j'ai été immensément heureuse. Parce que je mangeais des sopaipillas ( beignets de citrouille chiliens) achetées dans la rue, dégoulinantes d'huile de provenance douteuse et que je n'ai jamais rien mangé d'aussi bon. Parce qu'on m'a offert les jouets les plus chers, mais je m'amusais comme une petite folle à sonner chez les gens et à faire des galettes de boue avec mes amis plus pauvres. Et c'est cela, précisément cela , que je veux que mes enfants connaissent. 

sábado, 25 de agosto de 2012

EXCUSES PUBLIQUES AUX FEMMES ENCEINTES


Avec ou sans cet air de « la pauvre, elle ne  sait pas ce qui l'attend», on récite  le « chapelet des Profite » à la jeune désirant être mère qui nous raconte qu'elle est enfin enceinte. « Profites-en  pour dormir après tu ne pourras  pas », « profites-en pour sortir, t'amuser », « profites-en pour voyager », « profite de ta liberté », « profites-en pour jouir de ton argent »,               « profites-en pour obtenir cette promotion au travail », « profites-en pour sortir avec ton mari/conjoint »... et des centaines de  « profite » avec lesquels on leur remplit la tête. Chère femme enceinte, pour ceux qui t'ont dit cela et les « profite » que j'ai prononcés, je te demande pardon.

Définitivement, l'imprudence de ces commentaires sortis de la bouche des mères  que nous sommes vers celles qui se préparent à l'être, est un péché . Oui, un péché, car on tombe dans le jeu pervers de « dire la vérité », tout en cachant la plus grande : être mère est merveilleux. Dans le but de préparer nos partenaires de route, on commet le péché de les effrayer, de les remplir de peur, et de les faire douter  et se méfier du futur qui approche. En le tenant pour acquis,  jamais on ne parle de la beauté de la maternité.

Elles se sentent seules, incomprises par les mâles qui les entourent  et par les amies qui ne sont pas encore mères. Et bien sûr, elles font recours à nous autres. Et comment on les reçoit ? : en leur faisant peur. C'est alors qu'elles se sentent plus seules que  jamais, parce  qu'elles n'ont personne avec qui partager les douces émotions qui les saisissent : les premières et indescriptibles caresses du bébé qui nage dans toi, comment  une peur que tu as ressentie fait écho à la petite créature qui coure se cacher derrière tes côtes, découvrir les joyeuses acrobaties que le bébé fait quand tu manges du chocolat ou sentir qu'il reste tranquille et attentif quand son père lui parle à travers ton nombril...

Quand tu as choisi d'être mère et que tu y arrives  - et  très souvent aussi quand tu ne t'y attendais pas, et au bout de neuf mois tu tombes amoureuse de la possibilité - ton enfant vient  remplir de lumière ta vie. Donner naissance à un enfant t'inondera d'une énergie et d'un pouvoir que jamais tu aurais crus avoir. Celle qui était timide, devient une ourse  furieuse si la sage-femme est brusque avec son fils. La plus civilisée des professionnelles se transformera en un énergumène si son enfant coure un danger. Celle qui vivait tourmentée par les traumatismes de l'adolescence, rira de ceux qui ont ri d'elle. Celle que se torturait pour avoir une silhouette sculpturale,   remerciera  chaque jour d'être saine et portera avec fierté ses vergetures comme médailles d'honneur (le plus amusant et curieux à cet égard, c'est que le « physique » attractif augmente et cause de gros dégâts parmi les hommes, car il n'y a rien de plus sexy qu'une femme fière d'elle-même et de son corps. )

À la naissance de ton enfant, en plus de mettre au monde un bébé, tu mets au monde un nouveau toi. Tu exposes  à nouveau tes valeurs et tes certitudes. Et ce n'est pas étonnant que ce qui te provoquait de la joie avant, peut te  sembler fade à côté des yeux brillants de ton bébé quand il te reconnaît. Tu deviendras plus courageuse, plus sûre de toi, plus pieuse et plus compréhensive. Plus jamais un fait divers dont la victime est un enfant,  te laissera indifférente.

Les guerres ou un conducteur ivre, t'intéresseront comme jamais auparavant. Tu ne seras plus une citoyenne sous anesthésie. Ce que tu n'as peut être jamais eu envie de faire pour toi, tu n'hésiteras pas à le faire pour ton enfant. Et  pour tous les enfants. Dans le métro,  tu seras capable d'insulter la moitié des gens s'ils font semblant de ne pas avoir vu une femme avec un bébé attaché à sa poitrine et le grand sac suspendu à son bras. Être  mère, te fait devenir sœur de toutes les mères. Ainsi, tu te retrouveras à honorer les femmes qui sont venues avant toi et tu te sentiras fière d'appartenir à la caste des courageuses. Écouter pour la première fois les pleurs de ton enfant est un bonheur qui te fait fondre en larmes. Tu ne seras certainement pas la même après l'avoir entendu : tu seras meilleure. 

jueves, 19 de julio de 2012

MECHANTS CONSEILS A UNE MERE NOVICE


-N'aie pas honte de vouloir t'enfuir de l'épicentre, d'avouer le désir de vouloir jeter ton bébé par le balcon ou de mettre ta tête dans le micro-onde (Après avoir mis celle de ton mari!). Être mère c'est un grand bouleversement. Ne fais pas attention à la publicité édulcorée ou aux regards désapprobateurs  de ta belle-mère ou des amies qui ne sont pas encore mères (ces dernières, les pires selon moi,  sont sans pitié au moment d'émettre un jugement). Tous les spécimens de ce genre, tiens-les à l'écart.
 
-Ne culpabilise pas : il n'y a rien que tu aurais pu faire avant, pour  mieux  te préparer à être mère. Pas  plus de gymnastique, ni plus de crème, ni plus de cours du genre «la douce attente»  et  ce,  parce que jamais, je le répète jamais, on est prête pour la maternité. Pas même si tu as été la grande soeur qui a élevé ses cinq frères, ou la tante qui a passé sa vie à jouer à la poupée et une fois adulte était la meilleure baby-sitter de ses neveux, ni même si tu as une formation professeure des écoles ou si tu as étudié pédiatrie. Rien ne remplace l'expérience d'avoir un enfant.

-Écoute les conseils mais n'obéis qu'à toi-même. Si cela signifie jeter à la poubelle ce que dit le pédiatre, change de pédiatre. Si cela déçoit les femmes de ton entourage (on ne peut pas changer de mère, malheureusement) dis-leur oui à tout et assure-toi de faire le contraire. Évite à tout prix les femmes qui veulent te raconter leur expérience avec une facilité douteuse et un ton soporifique. Celles qui savent vraiment, sont respectueuses et surtout discrètes. L'inconvénient  de cette discrétion, c'est qu'elles peuvent te passer sous le nez, mais ne te décourage pas, tu peux les détecter facilement en regardant leurs progénitures. Si la créature te semble insupportable, tu n'as rien à faire là.

-Optimise ton temps. Une visite inattendue de la tante Edwige qui a voyagé 15 heures pour venir te voir ? Et bien qu'elle retourne chez elle parce que tu ne te sens pas bien. Ton petit bébé fait des siestes de 3 heures d'affilée et tu pourrais - pour le bonheur de ton mari - en profiter pour aller au supermarché, appeler un artisan pour qu'il répare le portail et faire la révision technique de la voiture ? Assomme-toi plutôt et retourne au lit avec ton petit ange.
 
-Démasque les menteurs/euses. Aucune femme qui vient d'accoucher n'a une silhouette sculpturale. Ceci s'appelle Photoshop. Il n'y a pas non plus de bébé qui dès le premier jour de sa naissance, dort toute la nuit. ( Si le tien le fait, inquiète-toi). Tu n'as pas à être souriante ou maquillée. Jette aux toilettes toutes les règles à suivre pour être le petit modèle parfait de la bonne mère. Et si ce qui t'arrive te donne un air de bonne à rien qui par chance se douche et qui pleure autant que son bébé, alors respire profondément et demande de l'aide. Beaucoup de mamans débutantes le vivent très mal car elles ressentent de la honte à montrer leur côté moins gentil.  Ne fais pas cette erreur. Tu n'imagines même pas la quantité de femmes qui vont te comprendre et qui sont prêtes à t'aider. Aie recours à TOUT ce qui peut te donner un coup de main, à une voisine, à une crèche qui accueille pour la demie journée, ou à cette amie que tu n'as pas appelée depuis des années, peu importe.  Crie, organise un système de roulement pour te faire relayer et prends ce temps pour toi. Ton bébé sera bien ( crois-mois ils sont plus forts qu'ils en ont l'air)  et en plus il prendra l'habitude d'être avec d'autres personnes . Au passage, ces personnes se sentiront utiles et ceci améliore énormément les relations. Souviens-toi : tu n'es pas seule, il y a des milliers de femmes qui sont avec toi bien que tu ne les voies pas.

-Ne t'exige rien, même pas d'essayer de te comprendre toi-même. Ton âme et ton corps ont été soumis à un tourbillon de changements et petit à petit ils trouveront un nouvel équilibre. Que tu ne saches pas pourquoi tu as envie de pleurer n'est pas un problème, pleure tranquillement parce que ton corps en a besoin.

-Ne t'isole pas.  Intègre tes vrais amis à ta nouvelle vie : qu'ils viennent chez toi et qu'ils te voient en action, qu'ils t'aident avec le bébé, qu'ils s'en occupent pendant que tu prends ta douche, etc... Il arrive souvent que les amis ne savent pas quelle approche avoir. C'est ta responsabilité de leur montrer que tu es devenue mère et non martienne.

-Si tu t'entends bien avec le père de la créature, intègre-le. Le plus probable c'est qu'il se trompe sur  tout, mais peu importe. Enseigne-lui.

-Ne t'achète pas de vêtements de taille plus grande.  Le temps que tu récupères ton poids, continue à utiliser les vêtements de femme enceinte, bien qu'ils soient horribles. Garde ton argent pour t'acheter une belle tenue pour quand tu retrouveras  ta  taille normale. Et, s'il te plait, ne fais pas de régime. Tu as déjà assez de stress avec ton bébé pour en plus te priver d'une tablette de chocolat pour toi toute seule.

-Et le dernier et le plus important conseil ( d'ailleurs, tu peux oublier les autres, mais je ne te pardonnerais pas si tu ne mémorise pas celui-ci) : quoiqu'il arrive, prends du temps pour faire quelque chose qui te fera rire. Moi je m'échappais une fois par semaine,  pour faire un happy hour avec mes deux meilleures amies-complices. Je buvais un petit verre, fumais (oui, fumais),  je m'informais des derniers ragots, je dansais jusqu'à avoir des crampes dans les jambes et je riais beaucoup. Je suis convaincue, pour l'avoir vu des milliers de fois chez tout type de femmes, des évangéliques aux féministes et dans des récits de vie tous aussi divers : la meilleure maman est une maman heureuse. 

sábado, 9 de junio de 2012

JOYEUX?? ANNIVERSAIRE


En tant que mère inexpérimentée que j'étais, la première fois que j'ai dû célébrer l'anniversaire de ma grande fille ( qui allait avoir deux ans), je me suis trouvée face à un dilemme.

Étant donné que convier les gens  dans un de ces endroits pour manger rapidement où règne un bruit infernal de machines électroniques n'était pas une alternative ( dans ce genre de lieux, cinq minutes suffisent pour me transformer en monstre) j'ai choisi d'organiser la fête moi-même et de copier ce que tout le monde faisait : j'ai invité tous les petits camarades du jardin d'enfants, les amis qui avaient des enfants et la grande famille. J'ai dépensé une petite fortune dans la décoration thématique (serviettes en papier, assiettes, verres, piñata et un long et cætera d'articles avec, je ne me souviens plus quelle figurine à la mode). J'ai fait faire un gâteau ad hoc et engagé deux clowns. J'ai eu mal aux pieds à force de parcourir les meilleurs endroits qu'on m'avait recommandés pour offrir à ma fille une fête inoubliable. Et ça l'a été : ça faisait longtemps que ma petite n'avait pas passé un aussi mauvais moment et moi, j'ai fini épuisée et avec la tête sur le point d'exploser à cause du chaos et des cris.

Quelques temps après, dans un article sur la parentalité, j'ai lu la meilleure recommandation : le nombre d'enfants à inviter doit être le double moins un de l'âge de celui qui fête son anniversaire. C'est ainsi que quand ma fille a fêté ses trois printemps. Je me suis assise à ses côtés et j'ai pris note des  cinq ami(e)s qu'elle souhaitait inviter. Bien sûr, mon idée n'a pas plu à tout le monde. J'ai même reçu un appel d'un parent d'élève qui m'a insultée au téléphone parce que son fils n'avait pas été invité (cela n'a servi à rien que je lui dise qu'il y avait dix-neuf autres personnes dans la même situation). Parmi les invités, il n'y en avait qu'un seul faisant partie des enfants de nos amis ce qui a vexé,  durant un temps, le reste des amis de mon mari et des miens. Du côté de la famille, on s'est restreint aux oncles et tantes et grands-parents. Personne d'autre. Le plus compliqué a été de gérer la frustration des absents, de faire en sorte qu'ils comprennent qu'il ne s'agissait pas de ma fête mais de celle de ma fille. Celui qui a essayé d'agir ainsi sait que le fait de considérer son enfant comme une petite personne avec une opinion et non pas comme un animal de compagnie à qui vous imposez vos décisions semble étrange à énormément de gens.

Depuis ce jour, pour chaque anniversaire, étant donné que le nombre d'invités est gérable, on s'occupe ensemble avec mes enfants, des préparatifs et on décore et/ou on fait le gâteau d'anniversaire. Ils peuvent partager et jouer avec chacun de leurs amis et – notez bien – ils s'amusent seuls, pas besoin d'un animateur pour les divertir.

Personne n'a manqué de me donner le titre de « mauvaise mère » faute d'offrir à mes enfants une célébration « comme tout le monde ». Mais mes enfants savent tout comme moi, que leur fête n'est pas gargantuesque, elle est mieux.

martes, 5 de junio de 2012

LE BUS


«Comment peux-tu te déplacer avec tes enfants en bus, tout serrés, alors que tu pourrais les emmener confortablement en voiture ? Pauvres petits!»

Voilà, à peu près, ce qu'on m'a dit quand j'ai expliqué ce que j'avais fait  la semaine dernière : récupérer mes enfants à la sortie de l'école et rentrer à la maison en bus.

Je portais sur mon dos l'énorme cartable de ma grande fille et sur le devant celui, pas moins gros , de mon jeune fils.  Et nous marchions vers l'arrêt de bus. Le premier jour, je suis presque devenue aphone en criant « Il arrive» quand j'ai aperçu le bus.
À toute allure, on a fait  la course pour arriver à temps à l'arrêt. Une fois arrivés, mes enfants se sont très vite rendus compte qu'il fallait bien s'accrocher  pour ne pas rouler au fond de l'engin. J'avoue que je n'étais pas complètement tranquille, mais eux, ils étaient morts de rire avec les secousses. Entre chaque saut, je leur racontais mes péripéties de bus au temps où j'étais écolière (ils ont eu l'impression que je leur parlais du temps des dinosaures). Le transport s'est rempli, mais nous on riait quand même du clown qui faisait des blagues aux passagers et on a  acheté pour seulement 500 pesos (un peu moins d'un Euro), deux surprenants crayons multicolores (lesquels auront duré même pas  deux jours, mais peu importe  : j'ai constaté que mes enfants se sont amusés comme des fous en les utilisant pour faire les devoirs).

 À présent, nous avons repris la routine normale en utilisant le transport scolaire -bus escolar- avec lequel j'ai pris un abonnement. Mais depuis cette « semaine aventure »mes enfants me demandent de refaire le trajet en bus. Ils ont hâte. Et moi aussi. Serait-ce parce qu'ils se se sont sentis « plus grands », qu'ils devaient se prendre en charge et être attentifs ? Ou serait-ce que durant ces jours, nous avons énormément parlé ? Peut-être aussi que le fait de ne pas avoir à conduire m'a relaxée.
Enfin, je ne sais pas trop pourquoi, mais c'est clair que le voyage en bus nous a fait du bien.  Alors, comment je fais pour expliquer à tous ces gens qui m'ont critiquée, que mes enfants étaient fiers de ce qu'ils avaient vécu, exactement à l'opposé de ce« pauvres petits! » avec lequel ces personnes ont réagi? Avec ce genre d'individus je ne me fatigue pas mais à toi, je le raconte pour que tu puisses tirer le meilleur de cette expérience aussi simple que gratifiante ou bien la reproduire avec tes enfants, tout en sachant que la belle-mère ou d'autres probablement, feront tout un scandale en te cataloguant de mauvaise mère.
Mais ne t'inquiète pas car nous le sommes toutes à un moment donné, aux yeux de quelqu'un.