martes, 28 de agosto de 2012

J'EXPOSE MES ENFANTS AUX INFECTIONS


J'ai hâte de refaire ce que nous avons fait l'été dernier. Un jour, nous sommes allés nous promener avec mes enfants sur une très jolie place dans le centre de Santiago. E n dépit de la chaleur, nous avons parcouru un musée et une bibliothèque et nous nous sommes goinfrés de boissons gazeuses, frites et délicieux nachos pleins de tartrazine et de jaune orangé (colorants alimentaires). Je précise – pour éviter que vous me lynchiez -, que ceci n'est pas l'alimentation habituelle de mes enfants, qui abonde en lentilles,  en épinards et  en  poisson. C'est juste un plaisir exceptionnel.

Ensuite, nous sommes allés  nous reposer sur la pelouse, mais il a commencé à faire encore plus chaud. Comme des petits oiseaux, mes enfants ont trouvé un arrosoir automatique et forcément, ils se sont trempés jusqu'aux os. Puis, ils ont entendu les  cris joyeux d'autres enfants qui nageaient dans une fontaine à proximité avec des chiens de rue, . Il y avait des panneaux « interdit de se baigner » et des pointes métalliques menaçantes pour dissuader les analphabètes : j'ai utilisé les deux pour faire sécher les t-shirts et shorts pendant que mes enfants barbotaient en sous-vêtements. J'atteste qu'ils étaient plus heureux que les « quiltros » (nom donné aux chiens de rue au Chili).

« Mais qu'est-ce qui t'as pris? » m'a dit quelqu'un quand je lui ai raconté l'anecdote « Tu ne sais pas la quantité d'infections qu'il y a là-dedans »  Si, je sais « Et que s'ils restent avec le corps mouillé ils peuvent attraper une pneumonie? » Si, je sais. « Et que ces chiens auraient pu les mordre? » Si, je sais. « Et qu'ils auraient pu attraper une allergie, des poux, ou une diarrhée à cause de l'eau qu'ils ont avalée? » Sip «  Et qu'ils auraient pu s'égratigner, glisser et/ou se casser un bras ou une jambe dans cet endroit inapte à la baignade? » Oui, je le sais aussi.

« Et pourquoi alors – ici, coup de sifflet de censure – l'autorises-tu? » là, je respire profondément,  je prends une bouffée de ma cigarette et réponds : je l'ai fait, parce que j'ai appris à faire du vélo sans frein et sans casque, et bien que je me sois égratignée les genoux et que j'en aie gardé  une cicatrice en souvenir, j'ai été immensément heureuse. Parce que je mangeais des sopaipillas ( beignets de citrouille chiliens) achetées dans la rue, dégoulinantes d'huile de provenance douteuse et que je n'ai jamais rien mangé d'aussi bon. Parce qu'on m'a offert les jouets les plus chers, mais je m'amusais comme une petite folle à sonner chez les gens et à faire des galettes de boue avec mes amis plus pauvres. Et c'est cela, précisément cela , que je veux que mes enfants connaissent. 

sábado, 25 de agosto de 2012

EXCUSES PUBLIQUES AUX FEMMES ENCEINTES


Avec ou sans cet air de « la pauvre, elle ne  sait pas ce qui l'attend», on récite  le « chapelet des Profite » à la jeune désirant être mère qui nous raconte qu'elle est enfin enceinte. « Profites-en  pour dormir après tu ne pourras  pas », « profites-en pour sortir, t'amuser », « profites-en pour voyager », « profite de ta liberté », « profites-en pour jouir de ton argent »,               « profites-en pour obtenir cette promotion au travail », « profites-en pour sortir avec ton mari/conjoint »... et des centaines de  « profite » avec lesquels on leur remplit la tête. Chère femme enceinte, pour ceux qui t'ont dit cela et les « profite » que j'ai prononcés, je te demande pardon.

Définitivement, l'imprudence de ces commentaires sortis de la bouche des mères  que nous sommes vers celles qui se préparent à l'être, est un péché . Oui, un péché, car on tombe dans le jeu pervers de « dire la vérité », tout en cachant la plus grande : être mère est merveilleux. Dans le but de préparer nos partenaires de route, on commet le péché de les effrayer, de les remplir de peur, et de les faire douter  et se méfier du futur qui approche. En le tenant pour acquis,  jamais on ne parle de la beauté de la maternité.

Elles se sentent seules, incomprises par les mâles qui les entourent  et par les amies qui ne sont pas encore mères. Et bien sûr, elles font recours à nous autres. Et comment on les reçoit ? : en leur faisant peur. C'est alors qu'elles se sentent plus seules que  jamais, parce  qu'elles n'ont personne avec qui partager les douces émotions qui les saisissent : les premières et indescriptibles caresses du bébé qui nage dans toi, comment  une peur que tu as ressentie fait écho à la petite créature qui coure se cacher derrière tes côtes, découvrir les joyeuses acrobaties que le bébé fait quand tu manges du chocolat ou sentir qu'il reste tranquille et attentif quand son père lui parle à travers ton nombril...

Quand tu as choisi d'être mère et que tu y arrives  - et  très souvent aussi quand tu ne t'y attendais pas, et au bout de neuf mois tu tombes amoureuse de la possibilité - ton enfant vient  remplir de lumière ta vie. Donner naissance à un enfant t'inondera d'une énergie et d'un pouvoir que jamais tu aurais crus avoir. Celle qui était timide, devient une ourse  furieuse si la sage-femme est brusque avec son fils. La plus civilisée des professionnelles se transformera en un énergumène si son enfant coure un danger. Celle qui vivait tourmentée par les traumatismes de l'adolescence, rira de ceux qui ont ri d'elle. Celle que se torturait pour avoir une silhouette sculpturale,   remerciera  chaque jour d'être saine et portera avec fierté ses vergetures comme médailles d'honneur (le plus amusant et curieux à cet égard, c'est que le « physique » attractif augmente et cause de gros dégâts parmi les hommes, car il n'y a rien de plus sexy qu'une femme fière d'elle-même et de son corps. )

À la naissance de ton enfant, en plus de mettre au monde un bébé, tu mets au monde un nouveau toi. Tu exposes  à nouveau tes valeurs et tes certitudes. Et ce n'est pas étonnant que ce qui te provoquait de la joie avant, peut te  sembler fade à côté des yeux brillants de ton bébé quand il te reconnaît. Tu deviendras plus courageuse, plus sûre de toi, plus pieuse et plus compréhensive. Plus jamais un fait divers dont la victime est un enfant,  te laissera indifférente.

Les guerres ou un conducteur ivre, t'intéresseront comme jamais auparavant. Tu ne seras plus une citoyenne sous anesthésie. Ce que tu n'as peut être jamais eu envie de faire pour toi, tu n'hésiteras pas à le faire pour ton enfant. Et  pour tous les enfants. Dans le métro,  tu seras capable d'insulter la moitié des gens s'ils font semblant de ne pas avoir vu une femme avec un bébé attaché à sa poitrine et le grand sac suspendu à son bras. Être  mère, te fait devenir sœur de toutes les mères. Ainsi, tu te retrouveras à honorer les femmes qui sont venues avant toi et tu te sentiras fière d'appartenir à la caste des courageuses. Écouter pour la première fois les pleurs de ton enfant est un bonheur qui te fait fondre en larmes. Tu ne seras certainement pas la même après l'avoir entendu : tu seras meilleure.