viernes, 28 de diciembre de 2012

LES ANIMAUX DOMESTIQUES


Depuis la naissance de mes enfants, j'ai eu neuf animaux (quand j'étais célibataire, j'en ai eus 13, sans compter mes petits copains). Nous avons grandi en compagnie d'oiseaux, de hamsters, de chats, de lapins, de poissons et de chiens.

Il y a eu des histoires en tout genre, bien que prédominent les comédies. Une petite chienne aimait mâchouiller les chaussettes de mon mari. Ne me demandez pas pourquoi seules celles-ci lui plaisaient et aucune autre (s'il vous plait, pas de commentaire, car aujourd'hui la victime ne le sait toujours pas.) Un jour, nous découvrîmes le chat qui urinait dans les toilettes, en gardant un équilibre impossible avec les pattes ouvertes au maximum et sans même glisser sur le bord arrondi de la cuvette. Et une autre fois, nous nous aperçûmes que nos deux adorables petits lapins s'étaient offerts un banquet avec les câbles du modem, nous laissant sans Internet pendant une semaine.

À une autre occasion, lors d'un barbecue, une de nos chiennes, obéissante et mieux éduquée que la plupart de mes amis, nous tint compagnie toute l'après-midi. Je souligne: nous la perdîmes jamais de vue. Elle se promenait parmi les gens en appréciant les caresses ou s'allongeait tranquillement pour dormir au pied de quelqu'un. Tout le monde était admiratif de sa bonne conduite. Jamais, je répète, jamais elle n'alla embêter une personne pour lui demander un morceau de viande et ni même tenta de voler des saucisses. Le problème de ce barbecue -et on nous le reproche encore aujourd'hui- ce fut le peu de viande. Je jurais avoir acheté le triple de ce qui avait été mis sur les braises, mais bon, entre la folie d'aller au supermarché, de surveiller les enfants, le sac à main, j'aurais bien pu avoir oublié un sac (cela n'aurait pas été la première fois). Au final, tout le monde partit, nous éteignîmes les lumières et nous allâmes nous coucher. Peu de minutes plus tard, mon mari se leva chercher quelque chose et découvrit notre Labrador au regard tendre, déterrant 5 kilos et demi du meilleur Merlan de boeuf. J'avoue ne pas avoir eu la force de la gronder parce que je sentis de la honte à côté de sa prouesse: aucun membre de ma famille n'a la capacité à faire attendre le plaisir qu'a démontrée ma chienne. Mon mari se jette sur une glace, bien qu'il ait le ventre plein, je peux manger des nachos avec de la sauce piquante jusqu'à ce que ma bouche prenne feu et mes enfants font disparaître en un clin d'oeil une assiette de frites avec du ketchup.

Dans notre aventure avec les animaux domestiques, nous avons eu aussi de douloureux adieux, de longs deuils et de frénétiques recherches à une heure du matin d'une petite chienne folle comme une chèvre qui aimait se promener dans le quartier. J'ai eu le droit aux plus grosses peurs de ma vie avec les multiples cadeaux que nous apportait notre chat reconnaissant (courage! Lézards étripés, pigeons sans tête, rats agonisants...) Avec mes enfants nous nous sommes émerveillés devant les escargots-pommes de notre aquarium, en observant leur ingéniosité pour aller chercher de l'oxygène à la surface, pomper de l'air pour avoir de la réserve, puis se laisser tomber, en rebondissant doucement entre les petites feuilles de la végétation et enfin arriver au sol. Nous les avons aussi vus s'aimer luxurieusement et avoir environ: 1600 rejetons!

Les problèmes qui découlent du fait d'avoir des petits animaux, j'en compte par centaines (avez-vous déjà tenté de mettre des gouttes dans les yeux d'une tortue ayant une conjonctivite??!). Maintes sont les fois aussi où j'ai nettoyé du vomi. Les angoisses à cause de leurs maladies et blessures sont encore plus nombreuses. Mes enfants ont toujours été très impliqués dans l'éducation et le soin de chaque animal qui arrivait à la maison. Ils ont surmonté des émotions intenses et variées et plus d'une fois j'ai dû servir de médiateur et les aider à élaborer les situations parfois complexes - mais toujours merveilleuses- qui dérivent du vivre en harmonie avec les bêtes. J'éclaircis tout de suite      -pour éviter quelconque appréciation idyllique- si mes enfants m'aident pour le soin des créatures en fonction de leur âge et de leurs capacités, c'est bien à moi que revient la partie lourde du travail. Mais curieusement, je ne le regrette même pas une seconde. Serait-ce parce que ce que nous avons vécu avec mes enfants est un "monde" impossible à transmettre avec des mots. Un immense voyage plein d'aventures, de rires et  d'émerveillements, de tendresse et de leçons de vie. C'est vrai que sur mon canapé on trouve plus d'un poil (et encore plus si c'est l'époque des mues). Le côté du canapé c'est l'endroit préféré de mon chat pour faire ses griffes, vous pouvez donc imaginer le bel état dans lequel il se trouve. Le plancher en bois n'est plus immaculé et je me suis résignée à ne jamais avoir un tapis blanc comme on peut en voir dans les revues de décoration. Mais je jure sur la tête de ma chère grand-mère -qui à ce stade a déjà dû se réincarner en Bougainvilliers ou colibri- que tout cela m'est égal. 

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